Chaque année, le baromètre France Num prend le pouls du numérique dans les TPE et PME françaises. L'édition 2025 confirme une accélération nette de l'adoption de l'intelligence artificielle, au point que le sujet est désormais présenté comme entré dans le quotidien des petites structures. Mais un examen plus attentif des chiffres montre que cette adoption reste, pour l'essentiel, superficielle.

26 % d'adoption, deux fois plus qu'en 2024

Selon le baromètre France Num 2025, 26 % des TPE-PME déclarent utiliser au moins un outil d'intelligence artificielle, contre 13 % un an plus tôt. Une étude Bpifrance Le Lab publiée début 2026 va plus loin sur l'IA générative seule : 55 % des TPE-PME l'auraient déjà utilisée fin 2025, contre 31 % fin 2024. Les usages dominants restent la rédaction de contenus et la recherche ou l'analyse d'informations, deux tâches ponctuelles plutôt que des processus intégrés.

Le vrai chiffre à retenir : 17 %, pas 55 %

Derrière ces taux d'adoption impressionnants se cache un écart plus révélateur : parmi les TPE-PME qui ont testé l'IA générative, seules 17 % en font un usage régulier, contre 37 % qui se limitent à un usage occasionnel. Autrement dit, la majorité des entreprises qui "utilisent l'IA" l'ont surtout essayée une fois ou deux, souvent à l'initiative d'un collaborateur isolé, sans que cela ne devienne un processus établi ni un investissement structuré.

Ce que ça change pour une PME du Beaujolais ou de Villefranche-sur-Saône

Dans une entreprise viticole, industrielle ou logistique du Beaujolais, ce scénario est très reconnaissable : un commercial qui rédige ses devis avec ChatGPT, un responsable d'exploitation qui teste un outil pour optimiser une tournée, une assistante qui utilise l'IA pour trier des mails. Chacun avance de son côté, sans partage d'expérience ni cadre commun. Le risque n'est pas l'absence d'IA, mais sa dispersion : des usages non coordonnés, aucune visibilité sur ce qui fonctionne vraiment, et un investissement en temps qui ne se traduit jamais en gain mesurable à l'échelle de l'entreprise.

Passer du test individuel au cas d'usage structuré

L'écart entre 55 % d'essais et 17 % d'usages réguliers n'est pas une fatalité : c'est le symptôme d'un passage à l'échelle qui n'a pas eu lieu. Avant d'ajouter un nouvel outil ou de généraliser une pratique déjà testée par un collaborateur, un dirigeant a intérêt à faire l'inventaire de ce qui se passe déjà dans son entreprise, à distinguer les usages qui méritent d'être industrialisés de ceux qui resteront anecdotiques, et à poser un cadre de gouvernance minimal. C'est exactement l'objet d'un diagnostic de cas d'usage Data/IA : transformer une somme d'initiatives individuelles en une trajectoire cohérente pour toute l'entreprise.