Étude de cas · Maintenance industrielle en environnement réglementé

Automatiser la constitution des dossiers d'intervention

Un bureau des méthodes passe l'essentiel de son temps à ressaisir les mêmes informations dans des dizaines de documents. Objectif : zéro erreur. L'architecture confie l'essentiel au code et réserve l'IA à quelques étapes précises.

Cas inspiré d'une mission, détails modifiés pour préserver la confidentialité du client.

Le contexte

Cette entreprise intervient en maintenance sur des installations industrielles soumises à de fortes exigences de qualité. Pour chaque intervention, son bureau des méthodes prépare un dossier d'intervention : sélection des modes opératoires dans la liste des procédures applicables, constitution du dossier avec la bonne numérotation, vérification de la complétude, puis relecture et signature.

Le point de départ

L'équipe méthode passe une grande partie de son temps à la pure constitution de dossiers, plutôt qu'à faire évoluer ses méthodes. Les mêmes champs (site, équipement, numéro de commande) sont recopiés à la main dans chaque document Word ou PDF, la complétude d'un dossier est vérifiée à l'oeil, et les outils de fusion de PDF classiques mettent la même valeur partout, qu'il faut ensuite redistribuer document par document.

Ce que j'ai cadré

Entretiens avec l'équipe méthode, atelier de cadrage, puis cartographie du processus de constitution des dossiers. Deux priorités en sont ressorties : la génération automatique d'un dossier à partir de la liste des procédures, avant que l'équipe ne le personnalise pour l'intervention, et le contrôle automatisé de sa complétude et de sa cohérence avant transmission.

Principe directeur : peu de LLM, beaucoup de déterministe

La majorité du besoin relève de règles de gestion, pas de l'IA générative : la numérotation suit une nomenclature claire et les dossiers partagent une structure commune. Avec un objectif zéro erreur et une IA qui ne doit rien corriger seule, l'architecture proposée est hybride :

L'architecture proposée

Qui fait quoi, étape par étape : l'humain saisit et décide, le code fait tout ce qui doit être reproductible, l'IA n'intervient qu'en appui.

Qui fait quoi, étape par étape Six étapes réparties entre l'humain, le code et l'IA. L'humain saisit les informations, ajoute ses phases spécifiques et tranche chaque écart. Le code assemble le dossier, génère la numérotation, remplit les champs et compare les titres et indices. L'IA n'intervient qu'au besoin pour lire un document difficile et pour expliquer les écarts. 1 Saisie 2 Assemblage 3 Numérotation 4 Ajouts 5 Contrôle 6 Décision Humain équipe méthode, relecteurs Code règles reproductibles IA (LLM) rôle limité Renseigne site, équipement, n° de commande, type d'intervention Choisit le dossier type, lit la liste des procédures, rapatrie les modes opératoires Génère la numérotation, remplit les champs Word et PDF Au besoin : lit un document dont l'extraction échoue Ajoute ses phases et modes opératoires spécifiques Compare titres et indices des documents Explique chaque écart et suggère quel document a raison Tranche chaque écart, relecture, signature, impression Sorties du système PDF conservés séparément et lot ordonné pour l'impression, rapport de contrôle des écarts, journal des décisions : qui a validé quoi. Plus tard Connecteur vers l'outil de gestion des interventions, signature électronique. L'IA ne signe pas.
  1. Saisie

    Un formulaire court : site, équipement, numéro de commande, type d'intervention.

  2. Assemblage

    Copie du dossier type adapté, lecture de la liste des procédures, rapatriement des modes opératoires depuis la base documentaire.

  3. Numérotation

    Générée par le code selon la règle de codification de l'entreprise.

  4. Insertion

    Renseignement des documents Word et des champs des PDF, document par document, sans valeur dupliquée partout.

  5. Ajouts manuels

    L'équipe ajoute ses phases spécifiques à l'intervention.

  6. Contrôle de complétude et de cohérence

    Extraction structurée des titres et des indices, comparaison par règles. Le LLM n'intervient que pour expliquer les écarts, et l'utilisateur tranche chacun d'eux.

  7. Sorties

    Un dossier prêt à imprimer, avec des PDF conservés séparément plutôt qu'un fichier unique, un rapport de contrôle et un journal des décisions : qui a validé quoi.

  8. Plus tard

    Un connecteur vers l'outil de gestion des interventions, et une signature électronique.

Les choix d'outils

Une application interne légère, qui lit les tableaux Word, extrait le texte des PDF et remplit leurs champs de formulaire. Cette option suppose que les modes opératoires vierges contiennent de vrais champs de formulaire, à vérifier sur les fichiers réels.

Pour le modèle : une couche LLM interchangeable, en sortie structurée et à température basse, déployée dans un environnement validé par le service informatique. Lire et comparer des documents Word et PDF ne demande pas de modèle spécialisé.

Progresser sans entraîner de modèle

Plutôt que d'entraîner un modèle sur les dossiers archivés, ces archives deviennent un jeu de test : des dossiers avec les erreurs relevées en relecture. Les règles s'enrichissent à chaque erreur remontée, et l'on mesure le taux de détection et les fausses alertes avant toute mise en service.

Où en est le projet : l'architecture s'affine avec l'équipe méthode. L'objectif est de réinvestir le temps gagné sur la constitution des dossiers dans la mise à jour des méthodes.

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